Des écosystèmes sains nous fournissent les services essentiels qui sous-tendent toute vie sur Terre, tels qu’un air et une eau propres, de la nourriture et des fibres, la pollinisation et des sols fertiles. Un lien avec la nature offre également d’autres avantages importants, tels qu’un sentiment d’appartenance et d’identité, des éléments d’importance spirituelle et culturelle, une inspiration créative, une curiosité intellectuelle et des aventures.

Au cours de la dernière décennie, un nombre important et croissant d’études ont clairement démontré la multitude d’impacts positifs que la nature a sur notre santé et notre bien-être social, mental, culturel et physique. Se connecter avec la nature et en faire l’expérience, que ce soit dans des aires protégées éloignées ou en profitant des espaces verts naturels de nos villes, conduit à des communautés plus heureuses et plus saines.

Cependant, la nature disparaît à un rythme élevé. Nous nous trouvons à un moment critique, avec plus d’espèces menacées d’extinction qu’à aucun autre moment de notre histoire. Nos paysages sont de plus en plus dégradés et fragmentés, la perte d’habitats s’intensifie et les impacts des changements climatiques dévastent déjà notre environnement et nos communautés à travers le monde. De plus, les liens jadis étroits entre l’homme et la nature s’érodent, au détriment de tous.

Malgré cela, les investissements et la priorité accordés à la conservation ont considérablement diminué dans de nombreux pays, au cours des dernières décennies. Le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs internationaux critiques en matière d’environnement et de climat, notamment l’Accord de Paris de 2015, les Objectifs d’Aichi en 2020 et les Objectifs de développement durable en 2030.

La pandémie de COVID-19 est un rappel brutal que nous ne pouvons pas continuer à ignorer l’interdépendance qui nous unit au monde naturel. Si nous voulons freiner l’émergence de nouvelles maladies et pandémies et créer des sociétés plus saines et plus résilientes, nous devons adopter une vision plus globale de la santé publique et assurer un environnement prospère en nous attaquant aux causes sous-jacentes du problème : notre destruction et nos conflits avec la nature.

Des réunions internationales importantes au cours des prochaines années, notamment le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique et la 26e Conférence des Parties (COP26) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, donneront le ton et définiront un programme vital pour l’action environnementale au cours de la prochaine décennie.

Il s’agit là d’une occasion rare et cruciale pour le monde de changer de cap et de s’engager dans un changement transformateur nécessaire pour faire face à la crise climatique et de biodiversité, ainsi que pour garantir que la connexion santé-culture-nature soit au premier plan et au centre de tous les objectifs, cadres et politiques futurs.

J’espère que les résultats du Congrès mondial de la nature de l’UICN s’appuieront sur la Promesse de Sydney du Congrès mondial des parcs de l’UICN de 2014. La Promesse de Sydney a établi un programme pour la conservation de la nature au cours de la prochaine décennie, en insistant sur le rôle des aires protégées. Suite à ce résultat, j’espère que le Congrès mondial de la nature établira un programme visant à assurer un environnement sain, et positionnera la nature comme fournisseur de solutions efficaces, à long terme et rentables pour assurer la prospérité de nos sociétés à l’avenir.

La publication, en 2020, de Healthy People in a Healthy Environment (Des personnes saines dans un environnement sain) par le Comité australien de l’UICN propose six orientations clés visant à inspirer et à faciliter une approche de l’ensemble de la communauté pour mettre en œuvre des politiques et des actions produisant des résultats positifs pour la santé humaine et environnementale.

Celles-ci incluent :

  1. Adopter une approche intersectorielle intégrée pour concevoir et mettre en œuvre des politiques, des programmes et des recherches fondés sur des données probantes en matière de santé et de nature.
  2. Assurer un accès équitable à la nature pour tous.
  3. Garantir que des opportunités de se connecter avec la nature à travers des expériences, des activités et des apprentissages soient facilement accessibles à tous les Australiens.
  4. Partager et intégrer les connaissances et la compréhension traditionnelles de la relation entre un pays sain et des personnes saines à l’apprentissage, aux politiques et aux pratiques.
  5. Sensibiliser à la valeur de la nature pour la santé et le bien-être humains.
  6.  Co-concevoir et aligner les résultats et mesures socioculturels et écologiques dans les secteurs de la santé et de l’environnement.

Le vaste réseau mondial de Membres et Commissions de l’UICN, comme le Groupe de spécialistes de la santé et du bien-être de la CMAP-UICN, peut jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre de ce programme et dans le repositionnement de l’environnement en tant que bien de santé communautaire précieux devant être protégé et devant faire l’objet d’investissements, aujourd’hui et à l’avenir.

Parce que, comme pour tout autre animal vivant, nous avons besoin d’un habitat sain pour survivre et prospérer dans ce monde en pleine mutation.


A propos de l'auteure


Photo: Australian Committee for IUCN

Tandi est directrice du Comité australien de l’UICN (ACIUCN), qui facilite la collaboration entre les organisations membres locales de l’UICN. Elle est cadre supérieur, avec plus de quinze ans d’expérience dans les secteurs public, privé et des ONG, et possède une maîtrise en sciences de la conservation et de la biodiversité.

Avant d’occuper son poste actuel à l’ACIUCN, elle a occupé des postes de direction au sein de plusieurs organisations environnementales australiennes, notamment l’Association des parcs nationaux de Nouvelle-Galles du Sud, l’initiative Great Eastern Ranges et Greening Australia.

Tandi est également membre du Conseil d’administration de l’initiative Great Eastern Ranges, et membre de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN, de la Commission de survie des espèces  et de la Commission d’éducation et communication .

Elle participe activement au Groupe de spécialistes de la conservation de la connectivité et au Groupe de spécialistes de la santé et du bien-être de l’UICN .

Elle possède une vaste expérience en matière de conservation et restauration de terres publiques et privées, sensibilisation communautaire, communication scientifique, planification stratégique et développement de programmes et d’entreprises.

 

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